Billets d'humeur d'un cine-télé-spectateur
3 Août 2014
flashback
Avec un sujet souvent abordé par le cinéma
lequel semble n'avoir guère d'influence
sur les pratiques parentales!
Si le fils de Jo
ne brille pas sur les stades,
en revanche, il crève l'écran!
"Petit-fils d’une légende de rugby, fils d’une légende de rugby, et lui-même légende de rugby, Jo Canavaro élève seul son fils de 13 ans, Tom, dans un petit village du Tarn.
Au grand dam de Jo, Tom est aussi bon en maths que nul sur un terrain. Pour un Canavaro, la légende ne peut s’arrêter là, quitte à monter une équipe de rugby pour Tom contre la volonté de tout le village et celle de son fils lui-même…"
(Synopsis de la production)
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Jérémie Duvall © Gaumont Distribution
Un Billy sans Elliot
Voilà à nouveau (décembre 2010) un film qui aborde la question (le problème?) du devenir de nos gamins, en bute avec les aspirations "naturelles" mais pas forcément légitimes, des géniteurs, enclins à tracer selon leur cœur la destinée de leur marmaille! De superbes longs métrages comme Billy Elliot° ou Libero° et des téléfilms de bonne facture ont traité de ce problème récurrent: les géniteurs doivent-ils décider de l'avenir (de la carrière) de leurs enfants? Si le gosse clame haut et fort qu'il veut faire "sciences-po" ou quelque autre "grande école", il aura, d'emblée, l'assentiment de ses vieux, qui l'accompagneront dans son projet, se saigneront pour aboutir à la "grande œuvre"!
Mais si le rejeton est attiré par quelque autre vocation ( la menuiserie, le piano, la mécanique, le théâtre ou - pire!- la danse), le "pater" aura quelques difficultés à accepter l'option! D'où le conflit (perpétuel) entre la vocation des mômes et les fantasmes de leurs géniteurs...
Si le papa a été un GRAND sportif - un joueur de rugby célèbre, de surcroît "de père en fils" pour le film dont je cause -, il s'attendra, exigera, que son garçon reprenne le flambeau, ou plutôt les crampons!
Loin d'un Libero du ballon ovale
Le fils à Jo° (de Philippe Guillard°) nous fait un exposé clair et convaincant de ce conflit... malgré de gros défauts! Film sans surprise, bourré de clichés ou de lourdeurs (entre autres, la scène de castagne dans le bal public), plutôt endormissant, à l'interprétation honnête mais sans plus, le ton en est cependant assez juste. Le scénario manque de génialité (genre téléfilm de série B), les dialogues sont parfois d'une platitude navrante, avec inflation de personnages grotesques (Pompon, Le Boulon...), et l'on peut regretter qu'un si beau sujet soit si moyennement servi. Si Gérard Lanvin et Olivier Marchal tirent leur épingle du jeu (de stade), mais sans éclats - ils font bien leur boulot, sans plus -, en revanche, le jeune Jérémie Duval° brille de (presque) tous ses feux - bien que nettement moins convaincant dans ce rôle de fils contrarié qu'il ne l'a été dans celui du fils rebelle de Bas les coeurs !° (de Jacques Forgeas° et Robin Davis°) où il s'est révélé (son premier tournage) grâce à l'heureuse sélection de la directrice de casting Maguy Aimé°, excellente découvreuse de jeunes talents et distributrice de rôles avisée (La guerre des boutons° de Christophe Barratier, Mon père est femme de ménage, Une semaine sur deux..., Le Renard et l'enfant, pour les plus récents).
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Jérémie Duvall, Vincent Moscato, Gérard Lanvin © Gaumont Distribution
De grands rôles de petits
Jérémie Duval est un jeune acteur exceptionnel: dans le fils, on peut le gratifier d'une crédibilité jusqu'aux bouts des ongles dans (presque) chacune de ces répliques, à (presque) chaque image muette, sur (presque) chaque gros plan, dans (presque) toutes les situations - dramatiques ou comiques... Chez Jérémie, il ne s'agit pas de "spontanéité" infantile (ce n'est plus un enfant malgré son apparence) mais de savoir faire, de savoir être. Probablement que ses huit années de formation théâtrale, en amont, auront su lui donner les outils nécessaires à son précoce talent. C'est un surdoué de la comédie. Pas étonnant qu'il ait été nominé aux Césars 2012 comme "Meilleur Espoir masculin" avec "Mon père est femme de ménage"° (de Saphia Azzeddine), alors qu'il n'a que 18 printemps. (Attention Jérémie! Dans Fils, quelques plans rapprochés trahissent des mimiques un peu trop "pensées"! Efforce toi de garder l'authenticité de tes empreintes émotionnelles...).
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Olivier Marchal, Darren Adams, Gérard Lanvin © Gaumont Distribution
Dans le fils, Les acteurs d'expérience ne dépassent pas le petit Jérémie, ils sont même plutôt... au-dessous de sa prestation! Je dirais même plus (!), le garçon sauve un peu le film de la comédie médiocre. C'est tout dire! A ceux qui pensent que j'exagère, je leur donne rendez-vous dans cinq ans: nul doute que durant le prochain quinquennat de la république (!) notre jeune révolté de Bas les coeurs ! fasse son "trou" dans le petit monde des vedettes à boutons (juvénils)... peut-être même en "tirant" ses pères, grâce à son charisme et à sa fraîcheur.
Une chose est sûre:
...il marquera l'essai non du fils à Jo! mais de Bas les coeurs ! (au jour où j'écris cette note, je n'ai pas vu Mon père est femme de ménage°,son troisième film).
Nous devons aussi attendre le jeune Duval en tant que réalisateur, car ce petit monsieur fait aussi dans la réalisation!
GF