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Billets d'humeur d'un cine-télé-spectateur

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L'Ecole buissonnière de Nicolas Vanier: pas de quoi manquer l'école!

Copyright Radar Films/ Jean-Michel Turpin

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Jean Scandel incarne Paul, seul acteur à porter quelques instants d'émotion authentique et nouvelles...Il sauve le film!

Jean Scandel incarne Paul, seul acteur à porter quelques instants d'émotion authentique et nouvelles...Il sauve le film!

Un chemin d'école buissonnière

qui prend l'eau à tous les étages

 

Monsieur Nicolas Vanier sait bien filmer la nature.

Il en sait restituer les couleurs et les parfums... Mais ses films "grand public" et destinés aux familles (et aux enfants dans les écoles primaires), ont une carence récurrente: la médiocrité du scénario. Si l'on exclue la première adaptation du "Belle et Sébastien" (2013) et ses réalisations animalières et naturalistes (Le Dernier trappeur, Loup...), cet homme des neiges et d'images manque sérieusement d'imagination. Une "docu-fiction" réaliste est une chose, une œuvre cinématographique "de fiction" en est une autre...

Je veux bien prendre le chemin de "l'école buissonnière" mais pour y vivre des choses exceptionnelles, surprenantes, hors du commun et sans images d’Épinal trop défraîchies pour être admirées.

Sur le chemin verdoyant et aquatique de l'école "de vie" de M. Vanier, guidé par un François Cluzet caricatural à l'excès (cela sombre dans le ridicule), tout d'artifices vêtus (avec un "logis" sur l'eau aussi PlayMobil que peu crédible), qui fait son boulot de comédien sans se mouiller (si j'ose dire), plutôt faux que vrai, je me suis ennuyé à mourir (de rire?).

Que de clichés léchés!

Que de personnages convenus mille fois narrés dans des romans de gare pour enfants ou des films de série B ou téléfilms de "prime-time", fabriqués par des scénaristes payés à la pièce et au rendement!

Quant aux paysages "féériques" (sic) de Sologne que les "plateaux télé" promotionnels mettent en exergue, Monsieur Vanier ne les photographie pas mieux que le commun des randonneurs le ferait avec son cellulaire. Crotte (de rongeur) sur le gâteau, des plans éculés de cerfs, de renard, de lapin, d'oiseaux ou d'insectes - un florilège ordinaire de tout ce que l'on peut voir dans une évocation fugitive et carte postale de la faune "sauvage" -, viennent se poser sur notre écran... M. Vanier ne serait pas Nicolas Vanier s'il ne faisait entrer dans son cadre (ou plutôt dans son montage) des plans "animaliers" forcément attendus.

 

Conglomérat d'intrigues dans un fil

à canne à pêche

 

De l'histoire, il n'y a pas grand chose de captivant: c'est un conglomérat d'intrigues sans surprises dans un fil (à canne à pêche?) conducteur aussi primitif que puéril. Les "conflits" les plus réchauffés, empruntés ici et là dans la littérature populaire, rapiécés un million de fois en "atelier d'écriture" pour téléfilms ou piqués à des cinémas antérieurs, frisant le plagiat, sont utilisés pour justifier un récit contemplatif qui rame dans une barque. M. Vanier n'est pas un scénariste ni un raconteur d'histoires! Il est un aventurier "filmeur", occasionnellement fabriquant de films racoleurs, sans émotions authentiques, pour faire entrer des tunes dans la caisse de sociétés de production qui naviguent complaisamment (comme le cabanon flottant de Totoche) sur le fleuve pollué des cinématographies commerciales concoctées sur recette pour faire recette! Et M. Vanier (on ne prête qu'aux riches) n'a probablement aucune difficulté à réunir des prod' pour monter ses films guimauve. L'affiche de l’École Buissonnière est brillantissime; il y a une enveloppe pour les cachets et la reconstitution d'époque, pour sûr!

De la confiture donnée aux cochons?

Ou plutôt aux poissons.

Le petit écolier orphelin (naturellement!) en vacances (Jean Scandel alias Paul) est bien dans son personnage - avec, ici et là, un surjeu discret (si j'ose dire). Ce jeune comédien devrait faire une carrière que je lui souhaite longue. François Berléand est merveilleux de crédibilité dans son rôle d'aristocrate désabusé et bon enfant.

 

Des chefs d’œuvre existent, récents, que seuls les abonnés de Canal ou les acheteurs de DVD peuvent mater, qui traitent avec originalité, authenticité, génialité, du même sujet... Le thème de "l'Enfant et la rivière" (Henri Bosco - 1945) a été abordé avec nouveauté et inspiration par d'autres "réalisateurs". La symbiose ou communion entre l'enfant (l'ado) et l'animal (sauvage), entre l'enfant et la nature, dans tous ses éclats, est un sujet merveilleux, sublime, qui a été transcendé par des cinéastes - presque à l'insu du public des petites lucarnes de grandes chaînes.

 

Là, oui, on peut se laisser prendre par la main pour faire un bout de chemin!

 

 

 

François Berléand et François Cluzet: un François cache l'autre!

François Berléand et François Cluzet: un François cache l'autre!

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Jean Scandel et Valérie Karsenti

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