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Billets d'humeur d'un cine-télé-spectateur

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71 COUPS DE CANNES sur le bas du dos !

71 COUPS DE CANNES sur le bas du dos !
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Fin de clap

 

Une fois de plus, et c'est récurrent depuis des années désormais, le cinéma cannois s'érige en cinéma des bonnes consciences, où sélection des films et palmarès se confondent dans le creuset d'une pensée unique faussement humaniste - avec son corolaire, un standard idéologique pleurnichard et donneur de leçons…
...Ou sombrent dans l'ultra-violence qui nourrit les fusillades dans les écoles étasuniennes et les homicides barbares de psychopathes.
Est-ce un festival "de cinéma" - avec tout ce que cela devrait évoquer: des histoires, le rêve, l'évasion, le divertissement…-, ou un forum de docu-fictions mondialistes sur
l'état du monde, les tas de conflits, l'étalage des misères et des détresses des peuples ou de familles massacrées par la géopolitique?
Fut un temps, disons jusque vers la fin des années 90, la sélection officielle et les prix consacraient des "fictions" cinématographiques à part entière, récits drolatiques ou dramatiques, sulfureux ou existentiels, chroniques intimes ou sociétales recadrées en forme d'aventures, avec la force des images et le choc des dialogues…
A présent, le "fait de société", celui banalisé par les médias, le morbide violent et les déviances assassines (les “djeunes” adorent ça et s’en gavent en croquant leur pop-corn) emportent le haut du pavé - le haut des marches tapissées de rouge (sang?). Le scénariste ou réalisateur (ce dernier cumulant souvent les deux casquettes) qui veut être "en vue" à Cannes, a intérêt à s'ingénier à traiter un sujet qui décoiffe les têtes des faiseurs d'opinion, ou faussement consensuel ou franchement "clivant", générateur de polémiques ou fédérateur des idées "globalistes" - celles qui se baladent de continent en continent, via les "réseaux sociaux", unifiant les cultures dans un même bouillon amer où surnagent les lieux communs des bons sentiments.
 
Soupe bobo-populaire avec caviar en dessert

 

Oui, il y a bien eu "Orange Mécanique" et "If", films en forme d'apologie de l'ultra-violence et de dénonciation des carcans traditionnels, "Le Dernier Tango à Paris", pour la promo du beurre (!), "La grande Bouffe", pour illustrer le culte de la suralimentation et un regard complaisant sur la défécation spontanée (merci, M. Piccoli), et "La Luna", avec la masturbation par sa diva de mère d’un garçon de 15 ans (tiens? les abus sexuels ne seraient pas l’apanage des mâles et des pères?), "Johnny Got His Gun" et les horreurs de l'acharnement thérapeutique à objectif militaire puis, plus récemment, "Le Pianiste" et "La mauvaise Education", récits autobiographiques pour les atteintes à la dignité humaine, à l'innocence enfantine et pour stigmatiser toutes les violences, politiques ou institutionnelles, et d'autres récits filmiques à caractère sociétal (et dérangeants), mais ces œuvres, ces chefs-d'œuvre (car il y avait du "spectacle" qui vous en mettait plein les yeux et vous titillait les deux oreillettes du cœur), étaient d'authentiques histoires en images, imaginaires ou adaptées du réel, mais originales et pas seulement des témoignages fictionnels du quotidien.
 
 

Jill Clayburgh et Matthew Barry dans la Luna, de Bernardo Bertolucci (1979).
 
 
Ne va-t-on point dans une salle obscure pour voir un "spectacle cinématographique" plutôt qu'assister au récit poignant d'un vécu sublimé, dénonciateur des tragédies qui se jouent quotidiennement sur les scènes du monde et au JT de 20 heures? Il serait temps que le cinoche “en vitrine” à la Croisette revienne à ses origines naturelles: raconter des histoires joliment, que les arguments en soit ou non tragiques, et non étaler un argumentaire subliminal idéologique concocté par des cinéastes qui prétendent changer le regard du monde!
 
 
 

Matthew Barry et Jill Clayburgh: où une diva mauvaise mère tente de reconquérir son fils en mal de père, par le biais d'une relation incestueuse.
 
 
Les chantres à double visage de la bonne parole

 

 

L'exquise, la sublime, la divine diva de La Luna (Jill Clayburgh)
 
 
Ces réalisateurs là se mettent le doigt dans l'œil de la caméra et se font leur cinéma.
 
Le plus agaçant est que ces mêmes faiseurs de pellicule illustrée (si j'ose dire, car le numérique se substitue au support argentique), se pavanent devant les festivaliers, fiers d'être "de la famille", dans leurs smokings ou leurs robes hors de prix, avant de rentrer se coucher dans un palace, dans une somptueuse villa côtière, ou chez eux, après un vol régulier ou en jet privé, non sans (éventuellement), avoir “harceler sexuellement” quelque “starlette” en mâle de contrats - question de poser une cerise sur le gâteau cannois…
 
 
 
 
 
 
Le Festival est une Cannes bancale, fêlée, juste utile à soutenir une industrie de milliardaires et à nourrir d'orgueil un microcosme d'artistes privilégiés. Heureusement, Cannes, c'est aussi (et surtout?) le "marché du film", qui joue bien son rôle commercial, indépendamment d'une compétition qui, elle, alimentera surtout les causeries inutiles des chroniqueurs de plateau télé et les prochaines anthologies du cinéma.
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