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Billets d'humeur d'un cine-télé-spectateur

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La Guerre des boutons: la (petite) guerre des trois a bien eu lieu!

flashback

La guéguerre des boutons...

que d'enfantillages!

 

Le cinéma français en déroute alerte rouge!

 

Depuis que je rêve de devenir cinéaste (disons vers l’âge de 20/30 ans), et alors que, naïvement, j’expédiais aux maisons de production cinématographique un premier scénario (fort mal tourné d’ailleurs), je lis et j’entends que «le cinéma français manque de scénaristes» ou qu’il est «en mal de bons scénarios»... Souvent, cycliquement, on dit: «le cinéma de l’Hexagone souffre d’une crise de scénarios»...

Combien de (bons) scénarios ont-il été (sont) envoyés par des inconnus aux productions, sans être lus attentivement ni même ouverts? Combien de manuscrits originaux ont-ils été jetés au panier d’agents artistiques de tel ou tel acteur connu, sous prétexte que Untel ou Untel ne lisent que les scénarios qui sont accompagnés d’une option de production?

Alors, la profession sollicite des scribes spécialisés, qui ont pignon sur rue, pour pondre des textes «sur mesure» afin de faire tourner des stars dont le seul patronyme ou pseudo en haut de l’affiche est sensé assurer un minimum d’entrées... C’est «le package» : une affiche avec des vedettes, un réalisateur, un scénariste ou l’adaptation d’un grand classique romanesque, et le produit est mis en fabrication...

D’où la diffusion de navets, d’où la prolifération sur les grands écrans d’histoires oubliées aussitôt sorti de la salle (comme bien souvent dans les théâtres parisiens) ... On mise sur les acteurs (trices). Le reste, on s’en fout!

Ces dernières décennies, les films tricolores qui ont «fait un tabac» ont plutôt été des films difficiles à produire, réalisés par des cinéastes qui avaint autant de foi que d’opiniâtreté pour aboutir dans leurs projets. Parmi ces réalisateurs qui ont du talent, souvent des «débutants»... De «gentils petits films» initialement prévus «pour la télé» ont quelquefois drainé un large public - grâce au bouche à oreilles. D’autres (français ou étrangers), admirables chefs d’oeuvre, sont seulement diffusés en «salle d’art et d’essai» avant d’avoir les honneurs du petit écran.

Je ne listerai pas les films qui ont connu «ce sort»...

Je citerai simplement, le fameux Les Choristes d’un certain Cristophe Barratier, un «petit film» à l’affiche sépia peu racoleuse, à propos duquel Télérama n’avait, à sa sortie, daigné ne consacrer qu’une notule condescendante (à peine 1/6 ème de page!).

Il est vrai que les professionnels de la finance pelliculaire, les décideurs, ceux sans lesquel aucun film ne peut être tourné, et les journaleux «spécialisés» qui se sont arrogés le droit de faire ou de défaire la réputation d’une oeuvre filmique, ne brillent guère par leur ouverture d’esprit et leur objectivité! Les premiers sont bridés par le potentiel de «rentrées» (= billets vendus), les seconds par leur formations universitaires et littéraires d’intellos aveugles et imbus de leurs certitudes. Ces films besogneux sont généralement financés avec des bouts de ficelles bancaires, avec «prises de risques» par les metteurs en scène et acteurs... Les producteurs qui s’y frottent sont d’authentiques «hommes (ou femmes) de foi»!

 

Soupe populaire ou œuvre d'auteur...

et pourquoi pas entre les deux?

 

Entre la soupe populaire servie pour faire du fric et l’oeuvre «d’auteur» admirable générée par un authentique créateur, il y a aussi la place, et je m’en réjouis, pour des films «tout public», bien ficelés, sans grande prétention philosophique mais plaisants et charismatiques toutefois.

En France, pays privilégié pour les cinéastes, et atypique, grâce au soutien financier considérable de l’Etat (l’avance sur recettes) - au fait, ce soutien de l’Etat, spécificité française, ne va-til pas un jour être mis à l’index par les culturicides technocrates de Bruxelles ? -, les comités de lecture de scénarios, ceux du Centre National de la Cinématographie (CNC) par exemple, semblent plutôt guidés par les tendances du moment. Il y a des modes, des «thématiques» obligées, qu’il est de bon ton de promouvoir (avec l’argent du contribuable, c’est facile), même si le film ne sera jamais diffusé après tournage! Parallèlement, si vous avancez un projet «fédérateur" (de spectateurs) avec «une affiche», bien soutenu par les chaînes (de télé), on peut espérer décrocher le gros lot.

Dans un entretien confidentiel que j’ai eu avec l’acteur Pierre Richard, il y a quelque 7 ou 8 ans déjà, celui-ci me disait combien il était difficile, de nos jours, de monter (produire) un film parce que les télés font la pluie et le beau temps dans ce métier: sans les chaînes, pas de film, pas de salut! Le célèbre comédien pestait contre cet état de choses (se mettant en colère contre «les gens de la télé», j’ai craint un instant qu’il m’attrape par le col!). Même lui, Pierre Richard, le Grand blond avec sa chaussure noire, avait du mal a obtenir ne serait-ce qu’un rendez-vous, avec un responsable de chaîne! «C’est fini, je ne fais plus de production!» conclua-t-il, d’une voix tonitruante.

J’ignore si, depuis, il est revenu sur sa décision...

Petite parenthèse: Pierre Richard a justement été "produit" par les Films de la Guéville (Le Grand blond, le Distrait...), la maison de production de Danièle Delorme et Yves Robert, qui a vu le jour précisément pour monter le film La Guerre des boutons.

...Alors vous pensez bien que le petit auteur sans grade de province n’a guère de chances de voir son scénario se métamorphoser en oeuvre cinématographique!

 

Histoires rassies et vieilles recettes

 

Ce qui est aussi désolant, c’est de constater régulièrement que nos cinéastes «qui tournent» ont de plus en plus recours aux histoires rassies de notre patrimoine fictionnel: romans, nouvelles, BD et... «remakes».

Les hostilités ouvertes en automne 2010 à propos de l’exploitation du récit de Louis Pergaud, désormais libres de droits (La guerre des boutons), sont une illustration à la fois drôlissime et pitoyable du manque de créativité de nos professionnels de la manivelle, producteurs et réalisateurs.

Ainsi, chose inouïe et rarissime, le cinéma français, cinéma du pays de Descartes et «de la raison» (?), a «sorti» (et ressorti pour le Yves Robert) quasiment en même temps deux puis trois versions (ou adaptations) du roman de Pergaud, publié en 1913.

Le 14 septembre 2011 est sorti La Guerre des boutons, produite par Marc du Pontavice, réalisé par Yann Samuell, et le 28 septembre, La Nouvelle Guerre des Boutons de Christophe Barratier, produit par Thomas Langmann.

Christophe Barratier s’est révélé un merveilleux «conteur par l’image» avec ses Choristes, remake talentueux, presque plan par plan, de La Cage aux Rossigols de Jean Dréville, sorti le 5 septembre 1945... La transposition de l’histoire des Rossignols dans un orphelinat d’après guerre (celle de 40/44), alors que l’original se situe en 1930 (synopsis inédit de Georges Chaperot avec un scénario et des dialogues de Noël-Noël), est judicieuse, le personnage de Morange (Jean-Baptiste Maunier), le soliste à la voix d’ange, ayant chez Barratier le statut de personnage principal, tandis que chez Dreville, c’est Laquerec (Michel François) qui partage avec Laugier (Roger Krebs) les principaux rôles d’enfants. A noter -je prêche pour ma paroisse- que le susnommé Michel François faisait «un carton» sur les planches, à la même époque, avec la pièce de Henry de Montherlant: Fils de personne, qui est au répertoire actuel de la Compagnie Gérard F...

 

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Photo: un montage cine-cinoche sur une image emblématique du film d'Yves Robert!

Photo: un montage cine-cinoche sur une image emblématique du film d'Yves Robert!

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