Rédigé par Jonathan Olivier et publié depuis
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L'Américain Netflix prépare une nouvelle série "française" (?)… avec Omar Sy qui incarnera Arsène Lupin, le héros "gentleman-cambrioleur" créé par le romancier Maurice Leblanc pour des parutions en feuilleton entre 1905 et 1941. La spécificité et "l'ADN" de ce personnage fictif sont profondément marqués par la France de... la Belle Époque et des Années Folles!
Les étasuniens, une fois de plus, iconoclastes parmi les iconoclastes, vont donc "relooker" le gentleman-cambrioleur des "années folles" en le téléportant dans une France contemporaine dans le cadre d'une "adaptation moderne et inattendue" (sy Omar Sic - pardon: sic Omar Sy).
Gaumont Télévision est commandité pour ce massacre annoncé.
La firme cinématographique française, qui est née avec les premières caméras, continue donc de se fourvoyer dans des réalisations assassines, exploitant sans vergogne des œuvres littéraires emblématiques pour (tenter de) faire du fric.
Les producteurs français sont passés maîtres dans l'art de compromettre le 7ème art! Après un "Docteur Knock" (2017) complètement raté et qui a fait un bide magistral, tant l'incarnation d'Omar Sy y était décalée et le scénario non conforme à l'esprit de la pièce originale (Jules Romain - 1923), des Guerres des Boutons où l’œuvre de Pergaud était honteusement coupée à la tronçonneuse (toujours pour faire du fric - là encore, des écueils commerciaux), voilà que la firme "à la marguerite" s'implique dans la falsification d'un personnage en lui coupant le cordon ombilical qui le relie à UNE époque. Gaumont effeuille la marguerite en faisant ami-ami avec une officine étasunienne qui n'a cure du respect de l'intégrité intellectuelle d'une création littéraire.
Grands initiateurs de massacres sacrilèges, les anglo-saxons et autres américains ("l'Elementary" canadien où le docteur Watson est devenu une Watsonette et le Sherlock-smartphone de la BBC), la Netflix, pas nette du tout, nous pique notre Arsène pour en faire un Omar Sy!
Omar Sy est un excellent comédien, là n'est pas la question. Mais va-ton un jour tourner un Napoléon où il incarnera Bonaparte? Un Robespierre où il investira le rôle du sanguinaire? Et pourquoi pas un Louis le Quatorzième, dans un Château de Versailles "relooké" façon salle des Fêtes de l'Elysée sous la gouvernance de Mme Brigitte? Les "prod'" ne jurent que par le "package" (l'affiche avec des noms sensés attirer les foules). Cela ne les empêche pas de pomper le fric des contribuables via le CNC au détriment des créateurs de l'ombre et des comédiens de talent qui n'ont pas pignon sur rue - et de faire des bides!
Les "djeunes", grands consommateurs de Netflix qu'ils ingurgitent avec autant d'addiction qu'un McDo, ces "djeunes", en jeans déchirés aux genoux par des ouvrières d'usine, qui se bousculent pour aller mater au cinéma le fringant Robert John Downey Jr, anti-thèse du "vrai" M. Holmes, ne lisent pas! Ils ne SAVENT PAS qui est Sherlock ni Arsène - et ils ne le SAURONT jamais!
Et qu'on ne me dise point que l'industrie cinématographique "souffre" d'un manque de "bons" scénarios: les prod' ne lisent pas les scénarios qui leurs sont proposés par des "extérieurs" à leur maison. En revanche, ils vont fouiller les bibliothèques pour en piller la substantifique moelle et les vampiriser en dénaturant sans vergogne nos trésors et les ronger comme des rats...
Une œuvre "tombée dans le domaine public", vulnérable donc, tombe trop souvent dans les poubelles de l'audiovisuel!